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 La Grande Salle

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Elena
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MessageSujet: La Grande Salle   Mer 2 Juil - 10:54

La grande salle est la salle où se déroule la plupart des évènements officiels en-dehors de la salle du trône. Le soir, des torches éclairent la grande salle et, dans l'immense cheminée, un feu la réchauffe.

La grande salle peut également se transformer en salle à manger, plus officielle que les cuisines, et sert généralement pour les réceptions. Puisque plusieurs longues tables y sont alors installées. Elle peut accueillir un nombre important de personnes. À l'extrémité de la table centrale, se trouve une chaise légèrement plus grande et somptueuse que le roi utilise durant les réceptions officielles. Au bout de la salle, se trouve également une petite estrade où des spectacles sont parfois présentés lors des repas importants. En effet, le banquet donne parfois lieu à quelques réjouissance comme les prestations d'un ménestrel, de danseuses, de jongleurs... Pendant le banquet, le roi et ses amis sont servis par de jeunes garçons, les pages. Les Chevaliers invités sont quant à eux servis par leurs écuyers.

En dehors de ces évènements, la salle à manger reste ouverte pour les gens préférant un endroit plus calme que les cuisines pour manger en toute tranquillité ou discuter à l'écart des oreilles indiscrètes. De plus, la grande pièce y est bien décoré et montre tout un aspect royal.

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Elena
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Sam 11 Oct - 23:09

La fête promettait d’être une belle réussite et l’ensemble du château s’activait comme une vraie fourmilière, pris sous le coup de l’imprévu. Dans la grande salle avait été étendues des grandes étoffes aux couleurs d’émeraude et des tapisseries représentant des aventures chevaleresques ornaient les murs. Cette mise en scène semblait quelque peu naïve mais l’intention était la bonne. Elena ne put s’empêcher de sourire.

Elle avait quitté le groupe de chevaliers pour pouvoir se changer. Plus tôt le matin, elle était partie pour l’une de ses mystérieuses escapades dont elle n’avait même pas voulu donner la nature à ses frères et sœurs d’armes. Son ancien maître Wellan l’avait bien interrogé, mais elle était demeurée évasive, disant que le contact de la nature et l’air frais lui faisaient le plus grand bien et qu’elle avait seulement besoin d’être seule un moment et de se fortifier les esprits. En vérité, c’était son physique qu’elle essayait de renforcer. Seule, elle s’était crée un entraînement strict visant à augmenter ses capacités et à repousser sans cesse ses limites, et ce sur tous les plans.

~> Rp à suivre dans Les Appartements du Chevalier Elena d'Emeraude

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Galathor
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Mar 28 Oct - 21:07

Galathor n'en crut pas ses yeux. Il avait devant lui une espèce de salle commune, ornée de parures et étoffes en tous genres. Il y avait en son centre de longues tables de banquets, autour desquelles s'affairaient des dizaines de pages et servants. La couleur émeraude qui semblait omniprésente était là pour nous rappeler l'hégémonie de ce royaume, qui, de tous les états d'Endora, représentait le plus prospère et le plus avancé, à tous les niveaux. A priori, on faisait en hâte les préparatifs d'une fête qui s'annonçait importante.

Galathor decsendit les deux marches de la Grande Porte et s'avança auprès de la table la plus proche. Il voulut interpeler un des pages qui semblait venir tout droit des cuisines. Mais le garçonnet, chargé de plateaux et de couverts, ne lui prêta pas la moindre attention. Et ce fut le cas pour tous les autres à qui il fit signe. Pourtant, le jeune homme avait de quoi faire tache dans le décor : il était sale et poussiéreux, au milieu d'une pièce parée des plus beaux effets de style et d'une hygiène rigoureuse. Las après ces quelques tentatives, Galathor voulut se mettre à l'écart de tout ce brouhaha. Il fallait qu'il réfléchisse à trouver un endroit où dormir, et éventuellement manger, car il commençait à se faire tard, et il éprouvait le vif besoin de reprendre des forces.

Il fit quelques pas vers les fauteuils et canapés installés près d'une immense cheminée, se défit de son sac qu'il posa sur le sol, et s'assit confortablement dans un fastueux sofa à deux places. Il s'y sentait vraiment à l'aise. Il pensa tout de même qu'il était un peu culloté de débarquer ainsi des grands chemins et de s'asseoir, dans un état de saleté aussi lamentable, sur un aussi beau canapé. Il regarda quelques instants autour de lui, et remarqua bientôt qu'il y avait de l'autre côté de la pièce une estrade de bois, sur laquelle quelques musiciens accordaient timidement leurs instruments et s'échauffaient les doigts, prêts à gratter les cordes des contrebasses et des luths, taillés dans de beaux bois flammés aux éclats d'émeraude. Galathor allait se lever pour les rejoindre et demander son chemin, lorsqu'il perçut des bruits de pas allant dans sa direction.
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Elena
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Mer 29 Oct - 13:28

Elena avait longuement discuté avec ses frères et sœurs d’armes et était encore perturbée par se qu’elle avait appris. Toujours revêtue de sa pèlerine vert sombre qui cachait sa tenue vert émeraude, elle avait traversé les couloirs pour se rendre à la porte principale. Mais un grognement de Loup à ses côtés la fit changer d’avis. Il ne s’agissait pas d’un grognement rauque signalant un danger, simplement un de ces grognements qui indiquait qu’il avait décidé d’aller satisfaire sa curiosité.

-Qu’y-a-t-il Loup ? Que sens-tu ?


Mais la prédateur avait déjà foncé dans une direction, droit vers la grande salle où allait se dérouler la fête de ce soir dans une ou deux heures. La jeune elfe suivit donc son compagnon en espérant qu’il ne mettrait pas trop la pagaille, car si les gens du château avaient fini par l’apprécier, il restait malgré tout impressionnant, surtout lorsqu’il courait de cette manière, les oreilles plaquées contre son crâne, sa gueule entrouverte laissant dépasser des crocs encore aiguisés. Plus grand qu’un gros chien, il était pourtant bien plus gracieux et ses pattes semblaient frôler le sol.



Pendant ce temps, l’intendant du château s’activait dans la grande salle, donnant des ordres brefs ici et là pour que tout fut fin prêt pour la fête de ce soir. Il semblait débordé et ses sourcils froncés indiquaient à quel point il était concentré sur sa tâche. Lorsqu’il remarqua qu’un manant avait osé s’étendre sur l’un des fauteuils de la salle, risquant ainsi de le salir et de le remplir de vermine, il se fâcha tout rouge et fonça, furibond, dans sa direction. Lorsqu’il se retrouva face au vagabond, il partit dans une grande diatribe, ponctuée de larges gestes et de cris, pointant du doigt l’énorme bête à ses côtés. Il s’apprêtait à appeler les gardes pour sortir de ces lieux ce personnage à l’allure repoussante lorsqu’une voix belle et douce le héla.

-Voyons Maître Hubert, ce n’est pas ainsi que vous comptiez accueillir notre invité je l’espère.

Le Chevalier Elena d’Emeraude se tenait devant les deux hommes, rayonnante, esquissant un sourire légèrement moqueur tandis que l’intendant de la Maison passait un regard incrédule du voyageur à la jeune femme.

-Maître barde, si vous voulez bien m’accompagner...


La jeune fille fit un geste gracieux de la main en direction de la porte.

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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Mer 29 Oct - 18:48

Galathor eut une drôle d'impression. Il s'était tout d'abord fait rouspéter par ce drôle d'homme, qui vêtu d'un costume ridicule, était arrivé au pas de course et s'était mis à gesticuler en débitant des tonnes d'insultes. Galathor avait toujours eu un don pour s'attirer des ennuis, et toujours de manière involontaire. C'était le genre de personne qui débarquait en un lieu et qui, n'étant pas au courant des règles et consignes à appliquer, finissait toujours avec des moralisateurs qui aimaient à le gronder comme un enfant. Il ne connaissait rien de plus énervant que d'être autant sous-estimé. C'est alors qu'une troisième personnne vint se mêler de leur affaire. Tous les deux se tournèrent vers la frêle jeune femme, qui, avec une démarche souple et rapide, s'était élevée entre l'intendant et le barde muet. Ce dernier, Galathor, fut frappé par son apparence : la jeune femme était déjà pourvue d'une taille immense, et pour sûr elle était bien plus grande que lui, petit natif du Royaume de Béryl. Sa peau était à la fois pâle et nacrée, et dégageait de douces senteurs dans l'air suave de la Grande Salle. De longs cheveux noirs comme le jais descendaient jusque dans le bas de son dos. Il n'en avait jamais vu d'aussi sombres. Galathor promena goulument ses yeux sur les jolies formes de la jeune femme, avant de les faire remonter jusqu'à son visage, et de croiser son regard. Il fut désarçonné par la profondeur et l'expressivité de ses yeux bleus. Ils étaient vifs et intelligents. Elle avait bien évidemment remarqué qu'il l'admirait toute entière et sans retenue, ce qui aurait agacé la plupart des femmes, mais pour toute réponse, elle lui fit un grand sourire. Le coeur de Galathor fit un bond dans sa poitrine. Elle brisa le silence :

"Maître barde, si vous voulez bien m’accompagner..."

Elle lui tendit la main. Le jeune homme resta pantois pendant quelques secondes, fixant ses doigts qu'il trouvait absolument uniques. Il tressaillit quand il comprit enfin que c'était à lui qu'elle s'adressait. Il ne se le fit pas dire deux fois. Les mains tremblantes, le regard vide, il saisit ses affaires, son sac et sa harpe, et, ne prenant pas la peine de les enfiler sur son dos, suivit la jeune femme jusqu'à une porte au fond de la salle. Tout chez elle était révélateur de la beauté à l'état pur : ses gestes étaient gracieux, ses pas silencieux et sa démarche envoûtante, presque sensuelle. Pour la première fois, il écouta son cerveau, qui lui criait qu'il pouvait s'agir d'une elfe. Après tout, il n'en avait jamais vu une auparavant, ce qui pouvait justifier son état d'admiration. Il écarquilla les yeux en voyant ses oreilles : elles étaient pointues. C'était donc vrai, il avait bel et bien affaire à une elfe. Cette pensée l'attrista quelquepeu, lui qui pensait être tombé sur une humaine extraordinairement belle. On lui avait toujours décrit les elfes comme étant des êtres parfaits en tous points, ce qui leur avait d'ailleurs valu plusieurs fois la jalousie d'autres peuples, comme les trolls, qui se démarquaient par leur laideur et leur stupidité hors du commun.
Ils parvinrent à une double-porte. La jeune femme posa la main sur le bois centenaire et se tourna vers Galathor.
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Jeu 30 Oct - 17:09

-Mae govannen lind herdir. Im Elena.

(Heureuse rencontre maître barde. Je suis Elena.)

Sa voix était chantante et légère et elle s’exprimait dans la langue des Elfes, ne doutant pas un instant qu’elle ne fut comprise par l’homme car il s’agissait de phrases simples et elle avait déjà lu dans son esprit qu’il connaissait quelques rudiments de ce langage qu’il admirait bien qu’il n’en ait que peu de connaissance.

Puis repoussant les battants de la porte, ils purent voir un jeune loup de grande taille au pelage gris et aux yeux d’ambre. Elena lui avait demandé de rester à l’extérieur de peur de causer une frayeur au chien de l’homme.

-Permettez-moi de vous présenter Loup, mon cher compagnon. A présent, suivez-moi.

La jeune fille l’entraîna dans un dédale de couloirs, suivit de près par Loup qui n’accordait désormais plus un regard au chien qui semblait un instant tant l’intéresser. Elle s’arrêta enfin devant une chambre et lui dit d’attendre un instant. Le barde l’entendit parler à ce qui semblait être des serviteurs. Lorsqu’elle ressortit dans le couloir devant l’homme hébété elle lui poussa à l’intérieur de la pièce, tout en douceur et sans brusquerie sans perdre un instant son sourire.

-Je reviendrais vous voir lorsque vous serez propre et habillé. Et tachez de vous faire moins remarquer, du moins, jusqu’à ce soir...

C’est sur ces paroles évasives que la jeune elfe disparut. Galathor avait en effet à peine remarqué son départ qui était arrivé aussi silencieusement et rapidement que son arrivée.

La pièce qui lui avait était laissé était sans aucun doute une chambre. Un bain fumant trôné au centre de la pièce, des vêtements propres avaient été déposé sur le lit, et deux serviteurs se trouvant en face de lui avaient été vraisemblablement laissé à son service.

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Dernière édition par Elena le Jeu 30 Oct - 20:02, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Jeu 30 Oct - 19:45

Le jeune homme ne put s'empêcher de rougir devant l'attention que cette charmante jeune femme lui portait. Toute cette histoire tenait des contes merveilleux qu'on lui racontait quand il était enfant. De plus, elle savait qu'il connaissait les rudiments de la langue elfique, ce qui avait de quoi le surprendre, lui qui n'avait fait que feuilleter quelques livres de la bibliothèque royale des terres de Perle.

Elle l'avait conduit dans une chambre plus qu'honorable. Il y avait en son centre une grande baignoire, un petit lit à gauche de l'entrée, des meubles de bois vert répartis ici et là, et bien sûr, la cabine des latrines au fond de la chambre. Il fit un signe de tête pour saluer les deux serviteurs, qui versaient des onguents et parfums dans le bain bouillant. Il se proposèrent de le laver et de le coiffer, mais Galathor déclina leur offre. Ils lui souhaitèrent un bon bain avant de prendre congé. Gargantua voulut plonger dans la baignoire, désireux de faire ses ablutions, mais son maître le retint de justesse.

"Pas si vite maroufle ! Je préfère me laver avant toi, on n'sait jamais..."

Il donna une des dernières saucisses à son chien et l'allongea dans un coin, après quoi il verrouilla la porte de la chambre. Il se défit alors de sa lourde tenue et de ses bottes de cuir, avant de se glisser paresseusement dans l'eau chaude. Cela faisait au moins un mois qu'il ne s'était pas lavé dans un vrai bain. Bientôt, tout un flacon de savon fut vidé. Galathor voulait être aussi propre que possible à la prochaine visite de la jeune elfe. Il se frotta les cheveux et les aisselles avec ardeur, se rinça une dernière fois tout le corps, sortit de l'énorme baignoire, se sécha et alla se brosser les dents devant la glace de la chambre.

"Gargantua, c'est ton tour !"

Le chien plongea dans la baignoire, éclaboussant toute la pièce. Souriant, Galathor, se pencha au-dessus de celle-ci et se mit à rincer la tête noire et poilue du canin. C'était peut-être le seul chien du monde à se laisser laver sans broncher. Au contraire il jubilait. Lorsqu'il fut débarrassé de toute la poussière et des saletés accumulées sur les routes du royaume, son maître lui fit grimper les quelques marches de faïence. Gargantua s'allongea sur la caillebotis, prêt à recevoir sa friction. Le jeune homme prit deux serviettes et frotta son compagnon poilu. Lorsqu'ils eurent enfin fini, Galathor vida la baignoire. Pour son plus grand dégoût, il constata que des poils étaient restés collés aux parois. Il état préférable de supposer que c'étaient ceux de son chien. Il eut tout juste le temps de faire un tour aux latrines et de se rhabiller, avant que quelqu'un ne vienne frapper à la porte. Impatient, il courut ouvrir à son visiteur (ou sa visiteuse)...
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Ven 7 Nov - 18:55

Le barde ouvrit la porte et découvrit sans surprise que son visiteur n’était autre que la jeune elfe. Un sourire s’étalait sur le visage angélique de celle-ci.

Lorsqu’Elena vit la façon dont le ménestrel s’était habillé et dans un hoquet, elle retint le rire qui s’apprêtait à fuser. Une main sur la bouche, elle détourna les yeux.

-Je vois que vous n’êtes pas tout à fait prêt,
constata la jeune fille, un brin d’amusement dans la voix. Puis-je vous aider ?

Galathor eut un hochement de la tête mais resta muet, les yeux écarquillés comme s’il ne parvenait toujours pas à se faire à sa présence. Elena avait cependant l’habitude et elle n’y prêta pas garde. Le jeune homme ne sentit même pas les mains de l’experte qui volèrent de part et d’autre de sa tenue pour l’ajuster correctement. Tout s’était passé si vite, à une vitesse si effarante que Galathor douta de la réalité de ce qui s’était passé. Ce n’est que lorsque la jeune elfe le poussa gentiment devant le miroir qui trônait au fond de la pièce qu’il remarqua la différence. Vêtu ainsi, lavé et rasé de près comme il l’était à présent, il avait l’air d’un prince. Il avait du mal à s’y faire, comme si le miroir lui renvoyait une fausse image de lui.

Ce ne fut qu’au bout de quelques secondes que Galathor remarqua la proximité de la jeune fille qui se trouvait derrière lui, et cela lui fit un effet si saisissant qu’il se figea. Il sentit d’abord son odeur délicieuse, un parfum léger et fleuri, doux mais qui lui paraissait à présent entêtant et de plus en plus merveilleux.

-Vous êtes parfait à présent, fit la jeune fille comme si elle n’avait rien remarqué. Vous voilà en véritable homme de la cour sans pourtant faire preuve de trop d’exubérance.

En effet, certains exagéraient trop à son goût sur l’importance des bijoux et l’abondance des parures.

-Personne ne pourrait vous distinguer d’un noble et d’un de ses ménestrels venus aujourd’hui pour l’occasion, à moins que vous ne cherchiez à vous faire remarquer..., continua-t-elle d'un ton moqueur chargé de sous-entendu.

...Ce qui après tout n’est pas forcément une mauvaise idée... termina-t-elle avec un air de conspiratrice.

Lentement, le barde se retourna vers son interlocutrice. Sa peau marmoréenne était lisse et parfaite, et sa blancheur diaphane semblait ressortir d’autant plus dans l’obscurité qui tombait progressivement. Galathor se demanda alors s’il avait rêvé précédemment le teint doré et bronzé de la jeune fille. Un frisson le parcourut, lorsqu’il croisa son regard : son visage et ses yeux à l’instar du reste de sa personne étaient d’une splendeur surhumaine et dévastatrice. Il hésita un instant entre la crainte et l’émerveillement, doutant encore de la réalité de la personne qui se trouvait devant lui. Réussissant à détacher un court instant ses pensées de la jeune fille, il se souvint alors des histoires sur les Elfes : leur magnétisme et leur beauté étaient un état de fait. Mais cela signifiait-il qu’il avait devant lui une représentante de ce peuple disparu et que ceux-ci n’étaient donc pas que simples légendes ?...

Sans qu’elle l’ait réellement voulu, Elena, distraite, avait suivi le cheminement de ses pensées. La facilité avec laquelle elle pénétrait l’esprit des gens était effarante. Habituellement, bien peu arrivait déjà à effectuer une telle prouesse, et sûrement pas avec une telle aisance. La jeune fille n’usait pourtant pas de ce don car elle considérait qu’il y avait des choses privés et que l’esprit d’une personne était peut-être sa possession la plus personnelle car elle constituait parfois son seul refuge. Mais elle avait été tellement habituée aux conversations mentales avec ses frères et sœurs d’armes, à sonder les intentions et les émotions des gens que lorsqu’elle trouvait une personne particulièrement intéressante, elle ne pouvait parfois s’empêcher de suivre ses pensées. Il y avait plusieurs manières d’atteindre l’esprit d’une personne et elle n’allait que très rarement loin dans celui-ci car entrer dans les souvenirs, la mémoire constituait une épreuve ardue et difficile, même pour elle.

Cependant, elle se sentit gênée. Ce n’est pas parce que son apparence et ses dons la désignaient comme une Elfe qu’elle s’en sentait entièrement une. Elle avait été élevé par des Humains, avait appris de leur culture comme de la simplicité de leur existence, et n’avait jamais rencontré de toute sa vie quelqu’un qui lui ressemble. Elena aurait aimé que ce poète qui savait si bien jouer avec les mots vit en elle autre chose et apprenne à mieux la connaître. Les histoires disaient que les émotions chez les Elfes n’étaient pas les mêmes, hors les réactions de la jeune fille avaient toujours été humaines. Mais Elena avait surtout pour l’instant très envie d’en connaître plus sur le barde car il semblait à ses yeux quelqu’un de très intéressant et de bien peu ordinaire.

Elle lui tendit un joli chapeau vert émeraude ornée d’une longue plume blanche recourbée. Galathor resta perplexe, d’abord parce que le chapeau en question semblait avoir apparut dans les mains de la jeune fille, jaillit de nulle-part, mais aussi parce qu’il ne s’était jamais imaginé portant un jour un chapeau. Avait-il une tête à chapeau d’ailleurs ? Il décida de faire confiance à sa protectrice et prit le chapeau pour le visser sur sa tête. Après un léger ajustement, il se regarda de nouveau dans la glace pour admirer l’effet. Cela lui allait plutôt bien, très bien même, et il en fut ravi.

-A présent, vous avez l’air d’un de ces grands ménestrels qui ont marqué l’histoire ! s’exclama Elena, ravie et enthousiaste. Vous sentez-vous prêt ?

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Galathor
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Sam 8 Nov - 3:49

Le jeune homme était tout simplement émerveillé. Il allait de surprise en surprise, ayant d'une part du mal à réaliser que c'était lui, et non pas quequ'un d'autre, qui avait la chance de côtoyer une jeune femme aussi surprenante. Elle dégageait dans la pièce des senteurs délicieuses dont il s'enivrait, et d'une voix enjouée, elle s'amusait de son mutisme et de sa maladresse. Mais d'autre part, il avait l'impression de voir quelqu'un d'autre dans le reflet de la glace. Il était vrai qu'il avait plutôt fière allure. Il fixa un instant son regard dans le reflet de ses yeux. Ils étaient marron foncés, comme ceux de son père. Il se promena avec fascination sur ce visage qu'il n'avait jamais regardé en détail. C'était un visage anguleux et allongé, cerné par des cheveux mi-longs et châtains, qui étaient propres, eux aussi, à nouveau propres.

Car en réalité, il n'avait pas été propre depuis des années. Depuis qu'il avait quitté la demeure de sa mère, loin au Sud, à Al-Far. Il n'en avait d'ailleurs pas eu de nouvelles, depuis le début de son voyage. Peut-être qu'elle avait enfin trouvé sa délivrance, dans les bras d'un de ses prétendants, ou alors dans son éternel linceul. Le souvenir d'Al-Far et des deux années qu'il avait passées avec une mère endeuillée le secouèrent intensément. La perte de son mari l'avait plongée dans un cauchemar sans fin, un coma funeste, une léthargie épouvantable. Ils étaient l'un à l'autre ce que le ciel était à la terre. Ils étaient à l'évidence destinés à vivre un amour sans bornes, et ce fut effectivement le cas. Mais les Dieux n'avaient pas décidé de les lier dans la mort. Ils les arrachèrent l'un à l'autre, et ce fut pour elle la pire des révélations. Galathor, dont sa mère se désintéressait constamment dès que son mari était à la maison, fut d'abord soulagé. Il n'avait que douze ans, et maintenant, tout semblait lui indiquer qu'il vivrait heureux avec sa mère, envers et contre tous, jusqu'à la fin de leurs jours. Elle lui vouerait à jamais l'amour qu'elle portait autrefois à son mari, et il serait son rien, son tout, son unique dépendance, et tous deux se chériraient, à tout jamais.

Mais il en fut autrement. Elle avait sombré dans l'alcool et la démence, jusqu'à se fermer définitivement à tout son entourage et même oublier son propre enfant. Il était sa chair, son sang et son coeur. Galathor vécut d'abord la situation avec une incompréhension immense, celle d'un enfant privé de sa seule raison effective de vivre : l'amour. Puis il s'était résigné : le désespoir a englouti maman, à tout jamais. Elle ne le regarderait plus. Plus jamais il ne sentirait ses mains chaudes glisser dans ses cheveux d'enfant. Et plus jamais elle ne le serrerait le soir, étendu dans son lit de petit garçon, pour qu'il l'entende murmurer au creux de son oreille : "Je t'aime mon fils, je t'aime plus que tout".

Il regardait son père, dans la glace de la chambre du château. Un grand homme. Grand pour son royaume. Il s'était forgé une réputation de combattant redoutable et téméraire. Et grand de taille, il l'était aussi. Il avait toujours toisé son fils de ses sept pieds, fixant ses yeux dans les siens, le visage rude. Galathor avait mis bien des années à comprendre ce que sa mère lui trouvait, et par-dessus tout, pourquoi elle l'aimait plus que lui. Et il n'avait jamais su, car celle-ci n'avait jamais fait que contourner la question. Il avait donc cessé de chercher le pourquoi du comment. De toute façon, on l'avait enterré sur un haut plateau, dans le cimetière traditionnel des chevaliers du Royaume de Béryl, alors qu'il fusse plus ou moins aimable que lui ne voulait plus rien dire. Il aurait bien craché sur sa tombe, s'il avait eu un jour le courage de gravir à nouveau les hautes montagnes de sa terre natale. Il avait acquis à la mort de son père une terrible phobie, celle du vide, et une fois de plus, il n'avait trouvé aucune réponse au pourquoi du comment. Ce qui était sûr, c'était qu'il était là, dans cette pièce, et qu'il avait l'impression de regarder son père immonde dans ce somptueux miroir. Deux larmes avaient coulé sur sa joue droite.

Son coeur se souleva. Cette marée de regrets et de souvenirs amers lui avait traversé l'esprit à une vitesse affolante. Il se rendit compte que la jeune femme venait d'ajuster un joli chapeau sur sa tête. Il ne savait trop quoi penser d'elle. C'était une elfe, il auarit peut-être été judicieux de s'en méfier. Le doute le submergeait, lui qui n'avait jamais vraiment été convaincu de l'existence de ces êtres fabuleux. Toutes ses incertitudes et ses idées noires s'envolèrent soudain, quand il vit son magnifique sourire. Il le lui rendit avec une joie immense et essuya sa joue droite du revers de la main. Sa bouche se mut d'une façon absolument exquise, et ses mots brisèrent sa torpeur :

"A présent, vous avez l’air d’un de ces grands ménestrels qui ont marqué l’histoire ! Vous sentez-vous prêt ?

Elle était toujours aussi vive et enthousiaste. Galathor prit cela pour un compliment. Il était encore un peu penaud, mais il se sentait mis en confiance. Pour la première fois, il osa prendre la parole :

- Je... J'aimerais d'abord vous remercier pour tout, c'est t-très aimable et hospitalier de votre part. Il s'égara quelques secondes dans ses grands yeux bleus, avant de prendre un peu d'assurance et de continuer : Si vous voulez bien, je vais prendre ma harpe et vous suivre avec joie à la cérémonie.

Elle aquiesça, le sourire aux lèvres, ne semblant pas y voir d'inconvénient. Il allait donc joindre le geste à la parole, lorsqu'il leva les sourcils : il avait ommis un petit détail. Il lui fit un sourire maladroit avant de s'incliner légèrement :

- Im Galathor."

Gargantua, probablement jaloux, leva son postérieur et vint voir de plus près la dénommée Elena, le regard interrogateur. Galathor prit son instrument avec précaution avant de rejoindre son hôtesse, son loup et Gargantua, qui l'attendaient déjà à la porte. Ils reprirent le chemin de la Grande Salle. Le jeune homme était serein et frais. Il constata en marchant que la jeune femme n'était pas plus grande que lui. Ils faisaient en effet la même taille, contrairement à ce qu'il avait cru à peine une heure plus tôt, la toute première fois qu'il l'avait vue. Il avait juste été frappé par sa splendeur.
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Elena
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Dim 9 Nov - 19:42

Sans avoir suivi ses pensées, Elena avait senti la violence des émotions qui avaient secoué le jeune homme. Elle lui avait alors envoyé, presque par réflexe, une puissante vague d’apaisement et de réconfort. Il se calma et reprit une respiration régulière, le chapeau à la main sans savoir trop visiblement quoi en faire, encore perdu dans ses pensées. Elle l’avait alors ajusté elle-même et c’était là qu’elle avait poussé son exclamation enthousiaste. Galathor était alors à ce moment-là revenu à la réalité, confus, mais joyeux à la vue de l’enthousiasme et du sourire chaleureux et contagieux de la jeune fille.


Sur le chemin menant à la grande salle, Elena jeta un coup d’œil à Galathor. Elle fut heureuse qu’il eût si vite compris qu’elle souhaitait le voir à l’œuvre ce soir. Il semblait briller en cet homme une vive intelligence et une grande sensibilité aux choses de ce monde. Elle ne douta pas un instant qu’il fût un excellent poète. Pourtant, la jeune femme y sentait également une noirceur, une obscurité cachée et enfouie qui ne demandait qu’à ressurgir, de la souffrance et de la douleur... ...ainsi que de la culpabilité. Son cœur était blessé, fragile, atteint d’une manière si profonde qu’il ne semblait plus tout à fait se connaître lui-même. Il avait perdu sa confiance en lui, et sûrement beaucoup de choses auxquelles il avait cru autrefois. Il avait l’air d’un de ces êtres qui se sont perdus eux-mêmes, cherchant dans l’errance un moyen d’échapper au désespoir et à un sombre et lourd passé. Il s’était figé, s’était donné une image de lui-même alors qu’il était tellement plus que ça... Elena plissa les yeux comme si elle cherchait à lire encore plus profondément en lui. Il n’avait aucune de ce dont il était capable, il se sous-estimait bien trop... C’est pourquoi la jeune fille avait décidé de l’aider, de lui donner un simple coup de pouce. Elle avait envie de le voir heureux ; il le méritait amplement, après toutes ces épreuves... Elena voulait qu’il reconnaisse sa valeur et qu’il se montre vraiment tel qu’il était lui-même. Elle souhaitait qu’il s’épanouisse dans son art, sans retenir ses émotions, sans oublier la personne qu’il était.

La jeune elfe, perdue dans ses pensées, avait machinalement accéléré l’allure alors qu’elle faisait généralement attention d’être toujours synchrone avec celle de ceux qui l’accompagnait. Sa démarche souple et légère, d’une grâce féline, donnait l’impression qu’elle ne faisait que frôler le sol, aussi silencieuse qu’une ombre. Ce fut seulement lorsqu’elle vit que le barde courait presque pour la rattraper qu’elle ralentit, pour s’arrêter quelques instants après. Ils étaient devant la porte de la grande salle, qui avait été laissé grande ouverte pour plus de commodité. Elena s’accroupit et se mit face à Loup, sans le fixer droit dans les yeux.

-Vas-y ! lui souffla-t-elle de sa voix de satin, comme si elle répondait à une question.

Elle lui lança un regard complice. L’animal lui offrit son sourire de loup et s’en fut après s’être retourné une dernière fois vers sa sœur de meute un dernier message muet chargé d’amour et de compréhension.

-Il est partit chasser, expliqua Elena en se relevant. Il n’aime pas trop les fêtes. Le monde, le bruit... Et puis ça lui offre tellement peu de distraction, termina la jeune fille en adressant au barde un sourire qui ressemblait étrangement à celui de Loup précédemment.

-Je dois aussi vous dire une chose...

Elle laissa un instant sa phrase en suspension, comme si elle escomptait que chacun des mots qui suivraient fassent son effet. Elle sentit alors une tension sous-jacente chez Galathor, mais elle fit tout pour apaiser son esprit.

-Lorsque vous jouerez, rien d’autre ne compte alors... ...soyez vous-même. Ne faites pas l’erreur d’oublier votre cœur, c’est lui qui donnera de la force à votre pensée, à votre talent.

-Allons-y ! enchaîna-t-elle avec un éclatant sourire sans lui laisser le temps de répliquer. Ils franchirent la porte et un joyeux vacarme éclata à leurs oreilles, comme s'ils avaient franchi un limite et s'étaient trouvés plongés dans un autre monde, une toute autre réalité.

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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Dim 9 Nov - 22:27

Tout juste apaisé par la jeune femme, Galathor sentit à nouveau son cœur se soulever. C'était inévitable : la pièce était plongée dans un joyeux brouhaha, émanant principalement des nobles et courtisans, qui s'étaient attroupés dans le petit salon adossé à l'immense cheminée. Ils devaient être une cinquantaine, et tous riaient allègrement. Même les gardes, qui s'étaient placés de chaque côté des grandes portes et à proximité des tables, esquissaient des larges sourires. Galathor se demanda si c'était face autant de monde qu'il aurait à divertir. Il fut soulagé par la présence de plusieurs musiciens et troubadours regroupés au fond de la salle, du côté de la grande estrade, mais ils n'étaient guère nombreux. De plus, la fête n'avait pas encore commencé, sans quoi on se serait déjà assis aux grandes tables de banquet. Les personnalités entraient par la porte opposée, toujours plus nombreuses.

Quelque chose se mit à laper la main du jeune homme, qui cessa d'examiner la pièce dans ses moindres recoins. C'était Gargantua, comme toujours dans les grands moments de tension de son maître. Mais Galathor n'y prêta pas vraiment attention. Il fallait qu'il mette son programme au point, comme tout bon ménestrel. La jeune femme s'en était probablement aperçue, car rien ne semblait lui échapper depuis qu'elle était venue à sa rencontre. Par ailleurs, c'était par hasard que le jeune homme s'était échoué dans le Grande Salle, exténué par sa longue marche, et il n'imaginait pas arriver à Emeraude un soir de fête. Il n'avait décidément aucun répit ! Mais par-dessus tout, il n'avait pas prévu de rencontrer cette charmante jeune femme, et le seul fait de la connaître dans ce moment d'angoisse estompaient largement ses craintes.
Il prit un peu de cœur au ventre et s'adressa à son hôtesse :

"Je vais faire un tour du côté des autres musiciens, si vous voulez bien, il faut que je prévois de quelle façon je vais me tirer d'affaire..."

Il avait une voix un peu cynique, et sans vraiment attendre de réponse de la part de la jeune femme, il prit la direction de l'estrade. Il savait pertinemment que c'était un manque de reconnaissance vis-à-vis de son hôtesse et il s'en voulut profondément, mais il avait l'impression de constituer pour elle un contre-temps. Il se rendit compte que quelque chose clochait. Depuis trois ans, il s'était toujours senti accompagné dans le moindre de ses déplacements, or il eut la nette impression d'être tout seul. Il fit volte-face, et écarquilla les yeux avec surprise. Gargantua était assis à côté d'Elena et regardait à tour de rôle son maître et la jeune femme, dont il ne voulait visiblement pas se séparer.
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Mer 3 Déc - 19:25

La salle était surpeuplée. Au milieu de la pièce, des tables avaient été disposées de manière à former un U. Cela permettait de laisser un espace libre au centre pour l’estrade et éviter que les convives ne tournent le dos aux autres. Avant de pouvoir goûter au merveilleux festin proposé par le maître des lieux, chacun devait prendre sa place autour de la table. Pas question pour le simple page ou la paysan de se mettre à la même table qu'un chevalier ! La table centrale formant la base était réservée au roi et aux Chevaliers d’Emeraude, aux nobles de la cour, et aux invités de marque. Les autres invités se plaçaient alors sur les autres tables, en plaçant les plus prestigieux au bord de la table centrale. Ainsi, plus on s'éloignait de la table centrale et moins le rang social était élevé. On avait placé la table centrale face a l'entrée principale de la pièce. De cette manière, le roi et ses Chevaliers voyaient qui entrait ou sortait lors du festin.

Elena laissa Galathor partir avec les autres ménestrels et les acteurs, jongleurs et autres artistes, qui égaieraient le repas. Wellan était assis à la droite du roi assis sur son cathèdre, riche fauteuil sculpté dans du bois massif, son ancien maître Élund placé à sa gauche. Le chef de l’Ordre fit signe à la jeune femme de se placer à côté de lui. Elena le remercia d’un signe de la tête et s’assit avec grâce sur le banc. Elle remarqua que Pelleas se trouvait à côté de maître Élund, apparemment déjà emporté dans une longue tirade ponctuée de grands gestes visant à souligner ses paroles. Le jeune homme semblait écouter religieusement mais Elena ne put s’empêcher de constater son léger agacement par la légère ride qui barrait son front.

On mangeait principalement avec un couteau contrairement aux tables de campagne où bien souvent on usait exclusivement des doigts. Le couteau est un objet personnel, porté à la ceinture. Il ne fait pas partie du service de table. Chaque convive, y compris les dames, portait sur lui un couteau presque en permanence. Elena sortit le sien, un couteau au manche en bois sculpté et poli qui épousait parfaitement la forme de la main, et dont la lame était fortement aiguisée. A chaque fois qu'un plat est amené à table, les convives se servaient selon leur désir et la plupart du temps directement avec les mains. Les mets étaient déposés sur ce que l'on appelle un "tranchoir" (tranche de pain, planche de bois ou d'étain selon le statut du convive). Dans le cas d'un tranchoir en pain, le repas une fois terminé, celui-ci était mangé ou jeté aux chiens qui attendaient sous la table. Le savoir-vivre à table était strict surtout par mesure d'hygiène et par souci de courtoisie. Par exemple, il était interdit de se servir après s'être gratté, il faut se gratter en prenant un linge. Il est impoli de prendre le meilleur morceau ou de laisser un morceau entamé, pire, de le remettre dans le plat. Elena savait parfaitement toutes ses règles de savoir vivre et ne pouvait s’empêcher de regarder avec une moue désapprobatrice le manque de tenu de certains invités.

Le banquet se composait de plusieurs services successifs comportant chacun un ensemble de plats variés déposés simultanément sur la table. Chaque convive prenait donc se qui se trouvait à sa portée. Le menu est organisé autour d'un "rôt" (équivalent de rôti), précédé d'un ou deux services et suivi d'un, deux ou trois services. Entre chaque plat, on proposait aux invités ce que l'on appelle un intermède. C'est alors que l'espace libre laissé dans la disposition des tables était utilisé. En effet, diverses artistes se plaçaient sur l’estrade et venaient alors agrémenter les convives : musiciens, acrobates, jongleurs, dresseurs d'animaux, ou encore poètes. Les invités aussi pouvaient participer en clamant des poèmes ou en racontant leurs faits d'armes. Toutes ces récréations étaient accompagnées de diverses préparations salées ou sucrées: tels que des beignets, des crèmes de fruits ou des omelettes.

Le festin avait commencé par des salades ou des fruits frais de saison afin de préparer l'estomac à recevoir des plats plus riches, suivis par des potages ou brouets à base de céréales, de légumes et d’herbes diverses. Le Rôt, plat principal, se composait de viandes rôtis accompagnées de sauces diverses tels que du chevreau à la sauce dorée, du poulet au fenouil, des crépinettes de foie de porc, chevreuil, cerf, faisan, cygne, oies, poulardes, etc. Ces diverses viandes et poissons étaient accompagnés de divers légumes en accompagnement ; asperges au safran, purée de lentilles, salades d'oignons rôtis, champignons sautés aux épices, etc.

Les divertissements qui avaient eu lieu jusque là n’avait été que jongleries, danses et bouffonneries destinées à faire rire les invités. Les choses sérieuses commençaient à présent. Chaque Chevalier devrait raconter une histoire, chanter, ou dire un poème. Ce n’était pas obligatoire, mais chacun se prêtait volontiers à l’exercice, ensuite venaient les œuvres des ménestrels et des conteurs.
Wellan dit un poème, très joli et profond, Bergeau chanta une chanson paillarde qui fit rire la table aux éclats et que la plupart des invités reprirent. Quand ce fut venu le tour d’Elena, la salle s’était déjà calmée après l’histoire que raconta Brennan, une histoire d’amour fort triste qui finissait tragiquement. Elena se mit debout, et un grand silence vint dans la salle. Ses yeux balayèrent chacun des membres présents, puis se figèrent, prenant une couleur opalescente. Sa voix claire s’éleva pour chanter. Ce chant n’était pas seulement très beau, il était juste et touchant. Tout le monde dans la salle s'immobilisa comme par enchantement, tandis que les douces syllabes de la chanson elfique s'engrenaient telles des joyaux de cristal dus à la fusion des mots et de la mélodie. La chanson avait l’air par ailleurs d’un enchantement, car même si personne dans cette salle ne connaissait la signification des mots hormis son auteure, ils n’avaient pas besoin qu’ont leur en explique le sens. Sa voix à la pureté cristalline était chargée d’un don des plus spéciaux, elle avait la capacité de faire apparaître des sortes d’images illusoires dans l’esprit des personnes qui l’écoutaient, s’abreuvant de chacune des paroles. Au début, la beauté de la mélodie et des mots entrelacés en langue elfique, même s’ils n’en comprenaient pas un mot, les tinrent sous le charme. Les mots semblaient presque prendre forme, et des visions de terres lointaines et de choses brillantes qu’ils n’avaient encore jamais imaginées s’ouvrirent devant eux ; et la salle éclairée par le feu de la cheminée et les torches devint comme une brume dorée au-dessus des mers écumeuses qui soupiraient au bord du monde. Puis l’enchantement se fit de plus en plus semblable à un rêve jusqu’à ce qu’ils sentirent qu’une rivière sans fin d’or et d’argent roulaient sur eux son flot gonflé, trop immenses pour qu’ils puissent embrasser le dessin : elle devint partie de l’air vibrant qui les entourait et les trempaient, les noyaient. Soudain, accompagnant ce chant s’éleva un autre son clair, s’imbriquant parfaitement dans la mélodie, allant de paire avec la voie. Cet accompagnement venait d’un instrument singulier que jouait un ménestrel que personne n’avait encore jamais vu à la cour. Ses yeux ne quittaient pas la jeune femme et ses doigts semblaient aller caressant sur les cordes de son instrument. La musique qui en sortait était si belle, si juste, que les rares personnes qui n’avaient pas les larmes aux yeux ou qui avaient réussi à contenir leurs émotions cessèrent leur résistance vaine. Et avaient-ils vraiment envie de « résister » d’ailleurs ? Ils sombrèrent complètement dans cet autre univers, aux courants d’eau clairs, aux plaines verdoyantes s’étendant à perte de vue, aux trompettes d’argent résonnant d’un son cristallin, de hautes montagnes couronnées de neige, de Dragons fendant les airs, libres et sauvages... Là, ils vagabondèrent longuement dans un rêve de musique qui se muait en eau courante. Lorsque la voix et la musique cessèrent enfin, le Chant s’éteint bientôt doucement, sur une note très douce, longue et pénétrante, comme un navire s’éloignant du rivage... Ils émergèrent alors, certains clignant des paupières, un air détendu, calme et heureux sur le visage.

Elena sentit sur elle les regards. Elle avait rarement chanté en public. Elle savait que cette voix avait cette beauté et ce pouvoir étranges que l’on prêtait aux Elfes des légendes. Elle n’aimait pas trop attirer l’attention sur elle de cette manière, mais les craintes qui avaient été soulevé depuis quelques temps avaient réveillé la peur et la crainte chez les gens. Elle avait voulu simplement leur offrir un chant de quiétude et d’espoir... Un chant qui racontait l’Eveil des Dragons comme il était conté dans les rares manuscrits en elfique qu’elle avait pu trouver. Le chant était de sa composition, elle l’avait écrit, il y a quelques lunes, alors qu’elle regardait par la fenêtre depuis son bureau, une plume à la main, les constellations d’étoiles et en particulier la constellation du Dragon, Draco, que l’on disait être aussi le Paradis des Dragons. Ce peuple était en déclin, il ne restait guère plus dans les Douze Royaumes et les royaumes alentours que les sept dragons de l’Ordre, qui étant tous des mâles, ne pouvaient perpétuer l’espèce. Pourtant, ces nobles êtres avaient été les plus puissantes créatures d’Arda, étant les seuls hormis les Immortels, les Sorciers et les Maîtres-Magiciens, à pouvoir franchir l’Interstice et se téléporter. Leurs pouvoirs magiques étaient immenses et leur civilisation avait été rayonnante à son apogée. A présent, les Dragons restant sur ces terres n’étaient que de pâles copies des Premiers Dragons. Leur taille et leurs pouvoirs s’étaient amoindris, ils ne pouvaient plus se métamorphoser, simplement se camoufler dans le paysage. Autrefois, les Seigneurs des Dragons adoptaient parfois une forme humanoïde pour s’entretenir avec les mortels ou passer en certains endroits « inaperçus ». Pourtant, il restait de l’espoir... De l’autre côté des hautes Montagnes de l’Est s’étendait l’immense continent d’Endora. Là-bas peut-être se trouvait les restes des civilisations qu’on croyait disparu, et c’est peut-être également là-bas qu’il faudrait aller chercher aide, alliés et renforts si l’Empire Noir décidait de mener une attaque contre le continent.

La jeune fille fit un signe de tête à Galathor et lui indiqua qu’il pouvait à présent exécuter sa prestation seul. Elena ne douta pas un instant que l’artiste capte aussi bien l’attention seul. Sa musique était vraiment magnifique et il n’aurait aucun mal à trouver des nouveautés pour divertir la salle car personne n’avait rien entendu de semblable auparavant.

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Galathor
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Ven 5 Déc - 18:28

Galathor monta sur l’estrade, sa harpe en main. Il était encore sous le coup de l’émotion provoquée par la chanson d’Elena, et lui-même ne savait ni pourquoi, ni comment il avait improvisé ces notes sur sa mélodie. Il avait, comme les autres, ressenti en l’espace de quelques minutes l’enchantement qui se dégageait de sa voix claire comme le cristal, et ses doigts s’étaient instinctivement déplacés sur les cordes de sa noble harpe pour en tirer des sons au caractère féerique. C’était une belle expérience pour un jeune musicien comme lui, qui ne demandait qu’à élargir ses connaissances et son registre. Les joues rouges, le cœur battant, il se racla la gorge, avant d’annoncer :

« Majesté, mesdames et messires, l’humble Galathor vous remercie pour votre hospitalité en ce soir de fête. En humble troubadour, je vais vous conter une chanson qu’un vieux sage de mon royaume entonnait du temps où j’étais encore enfant. »

Et à ces mots, il se mit à pincer ses cordes pour en tirer des accords froids et statiques, aux sonorités planantes et très étranges. Il s’abandonna lentement à l’introduction instrumentale de son chant, le visage statique et les yeux fermés, et tandis que les sons enchanteurs provenant de sa harpe glissaient sur les tables et les murs de la Grande Salle tels des ectoplasmes, on commençait à lire sur les visages des nobles et des courtisans de la fascination et un certain effroi. Le jeune homme commençait à nuancer l'introduction, parant de temps en temps son jeu de techniques virtuoses et rapides, tout en faisant claquer sèchement l’arceau métallique de sa botte gauche sur le parquet, en guise de percussions. Mais le tempo restait toujours le même, modéré, mystérieux et prenant. Bon nombre d’esprits se trouvèrent transportés dans les tréfonds d‘une étrange forêt, où un mal mystérieux et invisible restait tapi à l’abri des regards. On pouvait imaginer les corbeaux croassant dans les arbres dénudés par l‘Automne, prédisant un danger imminent. C’est alors que le jeune homme se mit à chanter, d’une voix statique et prenante :

« Approchez Messire,
Regardez dans les arbres…
Trouvez la fille,
Tant qu’il se peut.

Approchez et scrutez,
Dans l’obscurité.
Suivez mes yeux,
Suivez mes… Yeux. »


Il se lança alors dans un court passage instrumental très rapide, alternant une suite d’accords aigus, avant de se replonger dans le chant :

« Entendez sa voix,
Appelant votre nom.
Elle sait où nous sommes,
Tapie dans l’ombre.

Il n’est pas trop tard,
On peut bien s’enfuir !
Entre les arbres,
Entre les… Arbres ! »


Une fois encore, il se relança dans son interlude instrumentale, plus concentré que jamais. Il avait l’impression de tenir la salle en haleine, et c’était très jouissif. Il se tenait un peu cambré, la tête penchée sur son instrument et tapant du pied. Ce n’était pas vraiment le genre de musique à laquelle la Cour était habituée, la mélodie pouvait paraître effrayante et l’instrument avait pour une fois autant d’importance que les mots, et par ailleurs, le tempo était bien plus rapide qu’à l’accoutumée, ce qui pouvait déboussoler. Il pouvait s’attendre à tout, être arrêté pour hérésie et incarcéré et torturé dans une prison pontificale. Mais quoi qu’il arrivât, il faisait ce qu’il aimait, et c’était ce qui comptait le plus. Elena lui avait bien dit de ne pas donner une fausse image de lui, et il était forcé d’admettre qu’il se sentait enfin lui-même. Cette musique qui coulait en lui, ce potentiel, ce pourquoi il continuait de vivre, parvenait enfin à surgir de ses entrailles, au nez de tous. Il se sentait renaître. Il releva la tête et adressa à Elena un sourire espiègle. Contre toute attente, la jeune femme ne paraissait pas aussi surprise que les autres, elle devait savoir à quoi s’attendre. Enfin le jeune homme se replongea dans le dernier couplet :

« Mais soudain je m’arrête,
Je sais qu’il est trop tard.
Nous sommes perdus dans les bois,
Livrés à nous-même.

Il n’y avait pas de fille !
C’est l’œuvre de ces bois !
Nous courons vers rien !
Encore, et encore, et encore, et encore… »


Pour la dernière fois, il revint sur son interlude, le visage et les bras crispés. Sa main faisait des allers-retours à une vitesse impressionnante sur les cordes tendues, et son visage virait au rouge. Il y était, il venait d’attaquer le solo ! Un son plus tordu que jamais sortait de son instrument, amplifié et transformé par on ne savait quelle force mystique. Il avait arrêté de taper du pied, et il passait alternativement des aiguës aux graves, à tel point qu’il devenait difficile de discerner distinctement sa main droite. Les courtisans impressionnés avaient l’œil étonné et l’échine parcourue de frissons, tandis que le jeune homme se déchaînait sur son instrument. Le son devenait lourd et indistinct, comme saturé par une surcharge de son. Enfin, quelques accords clairs et espacés marquèrent la fin de la chanson. Rouge et exténué, le jeune homme resta un moment immobile, ne sachant trop quoi faire devant ce public qui ne paraissait pas savoir comment réagir. Avait-il été à la hauteur ? En avait-il trop fait ? Il jeta à Elena un regard désespéré, le dos trempé par l’angoisse.
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Lun 5 Jan - 16:30

La salle rugit soudain d'applaudissement après un instant de murmures et de silence. L'ovation retentit longtemps, mais les visages exprimaient diverses choses, passant de l'enthousiasme à l'incrédulité.

Elena sourit au barde, ravie de son succès. Soudain, quelque chose capta son attention. Pelleas quittait la table après avoir glissé quelques mots d’excuses au roi, qui le regarda d’un air paternel et bienveillant de compréhension. Lorsqu’il fut enfin sorti de la salle, telle une ombre fugace, le regard de la jeune femme devint vitreux, comme si elle voyait quelque chose qui se trouvait au-delà des murs de la salle. En réalité, elle cherchait à savoir quelles pensées et sentiments bousculaient le chevalier pour qu’il s’enfuie ainsi de la fête donnée en son honneur. Lorsque ses yeux retrouvèrent leur éclat de saphir habituel, son regard croisa celui du roi qui hocha la tête d’un air entendu. Elle se leva alors de table après avoir envoyé une pensée à Wellan qui se trouvait à côté d’elle. Tous ses frères et sœurs d’armes avaient compris momentanément ce qui se passait et faisait confiance à la jeune femme pour aider leur frère. Elena sortit aussi discrètement que possible de la grande salle, et d’un pas vif, traversa de nombreux couloirs.


~> Rp à suivre dans Le Jardin Intérieur

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Dernière édition par Elena le Ven 9 Jan - 17:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Ven 9 Jan - 16:15

Galathor soupira, grandement soulagé par la réaction, certes un peu tardive, mais réconfortante, des courtisans et autres spectateurs, qui applaudissaient avec un air, pour certains, dubitatif. Galathor courba le dos, un poing sur le coeur, et les remercia solennellement. Il était certainement plus ému que l'assistance, car ce chant avait un lien avec son départ sur les routes, qui datait déjà de quelques années auparavant. Les premiers mois qu'il avait passés sur les chemins avaient été des moments difficiles, pour ce jeune homme de lignée chevaleresque, qui ne connaissait pourtant que bien peu de choses du monde extérieur, lui qui n'avait quitté que très occasionnellement Al-Far, ville putride et vouée au chaos. C'était désormais une âme à la dérive, qui, non content de subir le laxisme soudain de sa mère, perdait maintenant tous ses repaires. Alors, avec le peu d'argent qu'il possédait, il fit ce qu'il pensait nécessaire pour oublier sa tristesse d'adolescent marginal, et se procura dans des circonstances peu ragoûtantes des produits et substances hallucinogènes. Il se sentit mieux pendant quelques temps, et entama un voyage de taille vers le Royaume de Turquoise, mais inévitablement, les "vivres" vinrent à lui manquer. La descente aux enfers commença, et c'est au cours de cette période dont il gardait un souvenir épouvantable, que ses divergences spirituelles s'étaient ressenties dans sa plume. Galathor éprouvait un manque terrible, un manque d'un tout et d'un rien à la fois, peut-être d'affection maternelle, d'un véritable logis ou d'une drogue de quelque sorte. Il se souvenait encore du jour où, allongé dans un lit de feuilles mortes, son chien à ses côtés, il avait écrit d'une main tremblotante ces quelques vers, qu'il tenait pour la plupart du vieil homme étrange qui mendiait autrefois dans sa rue. Puis il avait pris sa harpe et composé une mélodie , un rythme et une séquence soliste torturés, en suivant quelque instinct détraqué par le grand vide béant qui engloutissait toute consistance de son esprit, à la manière d'un trou noir... Les mots et les notes étaient restés inchangés depuis ce jour, et c'était la première fois qu'il s'était décidé à jouer cet air sans nom devant un public, qui plus est royal. Le pari était risqué, et tous n'étaient peut-être pas entièrement convaincus, mais si une chose était certaine, c'était qu'il était parvenu à véhiculer à tous cette terreur qui ne l'avait jamais quitté depuis les jours sombres de son périple. Il n'avait pas envie de repenser à cette époque, à son passage à vide, perdu dans les forêts de Turquoise, puis à sa longue et laborieuse convalescence au temple de Fériane, au sein des Rêveurs.

Un aboiement familier le ramena à la réalité. Il était resté quelques instants planté sur la scène, inattentif aux derniers applaudissements, et l'on put voir ses pupilles se rétracter. Il jeta un oeil inquiet à sa gauche. Son chien était debout sur ses pattes arrières, les membres antérieurs nonchalamment posés sur l'estrade, et la langue pendante, de laquelle un long filet de bave venait couler sur le bois de la scène. Galathor écarquilla les yeux, ce qui fit rire naïvement les convives, auxquels il sourit une dernière fois, avant de descendre l'estrade et de prendre son chien au collier. Il était un peu déçu par le départ d'Elena, mais il pouvait bien attendre qu'elle revienne, si toutefois elle décidait de revenir. Il retourna auprès de ses confrères musiciens et jongleurs, et reçut avec joie quelques compliment décents. Gargantua avait bien failli le ridiculiser, il s'employa donc à lui faire comprendre sa maladresse, à faire rentrer dans son petit cerveau que les milieux champêtres et royaux n'étaient pas comparables, et qu'il fallait bien se tenir aussi longtemps qu'ils seraient à la Cour. Mais même les mots d'un poète ne sont pas toujours des plus convaincants. Comme on pouvait s'y attendre, Gargantua lui lécha goulûment le visage.
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Date d'inscription : 24/10/2008

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MessageSujet: Re: La Grande Salle   Mer 4 Fév - 1:27

Après un quart d'heure passé à regarder les derniers artistes faire leurs prestations, Galathor se sentit pris d'une fatigue écrasante. Il avait un peu honte de s'avouer qu'il était plus tenté à l'idée de s'écrouler dans le lit de sa chambre qu'à celle d'attendre la jeune femme. Gargantua s'était tout simplement endormi dans les coulisses de la scène, et le peu d'entrain que Galathor manifestait se changea finalement en une envie irrépressible de dormir. Il bâilla bruyamment, et se décida finalement à se lever du tréteau sur lequel il était assis. Il poussa Gargantua du pied et le vit relever la tête. Lui faisant signe de le suivre, Galathor quitta finalement les loges en saluant fébrilement les jongleurs et les acrobates, et longea le mur jusqu'au couloir menant à sa chambre, en tâchant de ne pas attirer l'attention sur lui. Au stade où il en était, il préférait ignorer sa récompense et profiter uniquement du gîte royal...

Il passa la porte et la referma aussitôt derrière lui, puis posa sa harpe sur le fauteuil du petit logis, se dévêtit totalement et se laissa tomber dans les draps blancs et profonds. Quel bonheur il éprouvait soudain au contact du tissu propre et délicatement parfumé, de l'édredon de plumes et du matelas à la souplesse idéale !...

Il y eut soudain un grattement à la porte. Galathor crut d'abord à la visite d'Elena, et de manière absurde, se mit à quatre pattes sur les dalles de la chambre, et, dans le noir, chercha à tâtons son caleçon neuf. Après s'être cogné la tête contre les parois du bain, il renonça finalement à chercher ses sous-vêtements et prit le parti de se cacher avec l'édredon. Galathor revint donc vers le lit et saisit le pochon de tissu et de plumes, et, le plaquant contre son entrejambe, s'avança en titubant vers ce qu'il supposait être la porte. Coup d'chance, c'était la porte ! Il déverrouilla le loquet et fut aveuglé par la lumière tamisée qui éclairait le corridor. D'un oeil petit et blasé, il scruta les deux extrémités du couloir, et comprit au bout de quelques secondes qu'il n'y avait personne... A part Gargantua.

"Bougre d'âne tu étais sur le pas de la porte..."

Le grand chien noir ne leva même pas la tête vers son maître. Ignorant la brimade, il pénétra d'une démarche impérieuse dans la pénombre de la chambre. Désespéré par les manières de ce chien de campagne qui se prenait pour le roi de tous les canins, Galathor referma la porte et alla une bonne fois pour toutes s'écraser sur le lit.
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