Le Conteur Novice

 Nombre de messages: 1 Date d'inscription: 05/02/2009
 | Sujet: Concours de nouvelles n°1 Ven 6 Fév - 15:49 | |
| Le principe est fort simple. Nous vous donnons des débuts de nouvelles, vous en choisissez un des deux et vous le terminez ! L'un est plus long et plus descriptif que l'autre et il vous aidera davantage à vous lancer, tandis que l'autre laisse (en apparence) plus de portes ouvertes. Il ne doit pas y avoir une seule faute d'othographe dans vos écrits !! Aussi, nous vous conseillons de les écrire d'abord par traitement de texte et de les relire ensuite plusieurs fois. Nous prenons également en compte, en dehors de l'orthographe et du vocabulaire employé, l'originalité du texte. Une nouvelle doit comporter une chute qui surprendra le lecteur ! Les nouvelles seront mises au vote des membres puis appréciées par un jury qui se chargera de trancher si les votes indiquent des ex-aequo. Etant donné le peu de membres, il n'y aura qu'un seul gagnant qui repartira avec un prix. mais je ne vous dirais pas ce que c'est ! héhé  ). Si vous souhaitez participer, envoyez vos nouvelles à l'administrateur principal ( Eru) par Message Privé (MP). A vos plumes ! Début de nouvelle n°1 (long) :| Spoiler: | | | Le vent de la nuit faisait frémir l’herbe rase de la lande ; rien d’autre ne bougeait. Depuis des siècles, Aucun oiseau n’avait rayé de son vol la voûte immense et sombre du ciel. Il y avait une éternité que quelques rares pierres n’avaient, en s’effritant et en tombant en poussière, créé un semblant de vie. La nuit régnait en maîtresse sur les pensées des deux hommes accroupis auprès de leur feu solitaire. L’obscurité, lourde de menaces, s’insinuait dans leurs veines et accélérait leur pouls. Les flammes dansaient sur leurs visages farouches, faisant jaillir au fond de leurs prunelles sombres des éclairs orangés. Immobiles, effrayés, ils écoutaient leur respiration contenue, mutuellement fascinés par le battement nerveux de leurs paupières. À la fin, l’un d’eux attisa le feu avec son épée. - Arrête ! Idiot, tu vas révéler notre présence ! - Qu’est-ce que ça peut faire ? Le dragon la sentira de toute façon à des kilomètres à la ronde. Grands Dieux ! Quel froid ! Si seulement j’étais resté au château ! - Ce n’est pas le sommeil : c’est le froid de la mort. N’oublie pas que nous sommes là pour... - Mais pourquoi, nous ? Le dragon n’a jamais mis le pied dans notre ville ! - Tu sais bien qu’il dévore les voyageurs solitaires se rendant de la ville à la ville voisine... - Qu’il les dévore en paix ! Et nous, retournons d’où nous venons ! - Tais-toi ! Écoute... Les deux hommes frissonnèrent. Ils prêtèrent l’oreille un long moment. En vain. Seul, le tintement des boucles des étriers d’argent agitées, telles des piécettes de tambourin, par le tremblement convulsif de leurs montures à la robe noire et soyeuse, trouait le silence. Le second chevalier se mit à se lamenter. - Oh ! Quel pays de cauchemar ! Tout peut arriver ici ! Les choses les plus horribles... Cette nuit ne finira-t-elle donc jamais ? Et ce dragon ! On dit que ses yeux sont deux braises ardentes, son souffle, une fumée blanche et que, tel un trait de feu, il fonce à travers la campagne, dans un fracas de tonnerre, un ouragan d’étincelles, enflammant l’herbe des champs. À sa vue, pris de panique, les moutons s’enfuient et périssent piétinés, les femmes accouchent de monstres. Les murs des donjons s’écroulent à son passage. Au lever du jour, on découvre ses victimes éparses sur les collines. Combien de chevaliers, je te le demande, sont partis combattre ce monstre et ne sont jamais revenus? Comme nous, d’ailleurs... - Assez ! Tais-toi ! - Je ne le redirai jamais assez ! Perdu dans cette nuit, je suis même incapable de dire en quelle année nous sommes ! - Neuf cents ans se sont écoulés depuis la nativité... - Ce n’est pas vrai, murmura le second chevalier en fermant les yeux. Sur cette terre ingrate, le Temps n’existe pas. Nous sommes déjà dans l’Éternité. Il me semble que si je revenais sur mes pas, si je refaisais le chemin parcouru pour venir jusqu’ici, notre ville aurait cessé d’exister, ses habitants seraient encore dans les limbes, et que même les choses auraient changé. Les pierres qui ont servi à construire nos châteaux dormiraient encore dans les carrières, les poutres équarries, au cœur des chênes de nos forêts. Ne me demande pas comment je le sais ! Je le sais, c’est tout. Cette terre le sait et me le dit. Nous sommes tout seuls dans le pays du dragon. Que Dieu nous protège ! - Si tu as si peur que ça, mets ton armure ! - À quoi me servirait-elle ? Le dragon surgit d’on ne sait où. Nous ignorons où se trouve son repaire. Il disparaît comme il est venu. Nous ne pouvons deviner où il se rend. Eh bien, soit ! Revêtons nos armures. Au moins nous mourrons dans nos vêtements de parade. Le second chevalier n’avait pas fini d’endosser son pourpoint d’argent qu’il s’interrompit et détourna la tête. Sur cette campagne noire, noyée dans la nuit, plongée dans un néant qui semblait sourdre de la terre elle-même, le vent s’était levé. Il soufflait sur la plaine une poussière qui semblait venir du fond des âges. Des soleils noirs, des feuilles mortes tombées de l’autre côté de la ligne d’horizon, tourbillonnaient en son sein. Il fondait dans son creuset les paysages, il étirait les os comme de la cire molle, il figeait les sang dans les cervelles. Son hurlement, c’était la plainte de milliers de créatures à l’agonie, égarées et errantes à tout jamais. Le brouillard était si dense, cerné de ténèbres si profondes, le lieu si désolé, que le Temps était aboli, que l’Homme était absent. Et cependant deux créatures affrontaient ce vide insupportable, ce froid glacial, cette tempête effroyable, cette foudre en marche derrière le grand rideau d’éclairs blancs qui zébraient le ciel. Une rafale de pluie détrempa le sol. Le paysage s’évanouit. Il n’y eut plus désormais que deux hommes, dans une chape de glace, qui se taisaient, angoissés. - Là chuchota le premier chevalier. Regarde ! Oh Mon Dieu ! A plusieurs lieues de là, se précipitant vers eux dans un rugissement grandiose et monotone : le dragon. |
Début de nouvelle n°2 (court) :
| Spoiler: | | | Le claquement de pas résonnait dans l'étroite et sombre ruelle. Celle-ci n'était éclairée que très faiblement par une lune voilée. De fortes odeurs putrides venaient brûler ses narines comme de l'acide. Elle s'efforça de respirer par la bouche pour ne pas s'évanouir. Tout n'était que puanteur et silence lourd dans cette noirceur lugubre. Seul le bruit des pas, le faible bruit des gouttes tombant des toits ou ruisselant quelque part dans l'ombre semblait rompre ce vide. Elle se pressait en silence, une sensation oppressante alourdissant chacun de ses pas, tandis qu'une sueur froide provoquait des tremblements incontrôlables dans tout son corps. Elle ne savait pas par si elle étouffait de chaleur ou si elle était glacée. Il lui semblait que c'était les deux à la fois. Elle accéléra encore un peu l'allure. Les pas derrière elle accélérèrent eux aussi. Elle sentit au fond de sa gorge une boule se former, prête à libérer un hurlement de terreur… |
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